Interview : Claire et Guillaume, Miellerie des Alpilles

Publié le 9 octobre 2019

Claire et Guillaume, apiculteurs bio, locaux (Mollégès)

La Miellerie des Alpilles ; Une histoire de famille

B : Que pouvez-vous nous dire de votre histoire et de la création de votre miellerie familiale ?

C. Mon papa (Claire) a créé l’exploitation il y a 40 ans en Ardèche. Il y est resté 10 ans puis il a déménagé avec ses ruches à Mollégès, un charmant petit village aux pieds des Alpilles, dans les Bouches-du-Rhône. 

Dans notre famille, et ce depuis deux générations, le respect des abeilles, de la nature et de l’agriculture biologique est un engagement fort. C’est très important pour nous et ça n’est pas une nouveauté puisque déjà à l’époque où mon papa a commencé, il respectait le cahier des charges de « Nature et Progrès ». Aujourd’hui, nous respectons celui de l’Agriculture Biologique.

Je suis née au milieu des abeilles et j’ai grandi avec elles. Quand j’étais petite, j’aidais mon papa avec la mise en pot ou encore, avec la gelée royale. C’était comme une évidence pour moi de reprendre la miellerie. Mon mari, lui, travaillait dans un autre secteur et c’est mon père qui a tout mis en œuvre pour qu’il attrape le « virus des abeilles » (rires). Il est même allé jusqu’à lui offrir des ruches ! Et après quelques années, Guillaume a cessé son activité pour s’adonner à 100 % à l’apiculture. Voilà qu’aujourd’hui, cela fait 5 ans que nous avons repris la miellerie tout en gardant le même savoir-faire, les mêmes engagements et les mêmes convictions.

B : Pouvez-vous nous en dire plus sur les miels que vous récoltez et sur le métier d’apiculteur ?

C. Nous produisons différentes variétés : du miel d’acacia dans la Drôme, du miel de garrigues dans les Alpilles (miel aux odeurs du bassin méditerranéen), du miel toutes fleurs de Provences, mais aussi du miel de châtaigniers, du miel de forêt produit en Ardèche et bien évidemment, le fleuron de notre gamme, du miel de lavande récolté sur le plateau de Sault.

Le métier d’apiculteur est un métier complet. Nous travaillons avec du vivant, mais aussi avec la nature : nous devons rechercher des emplacements pour nos ruches, les entretenir, couper les arbres tombés, etc. Nous travaillons au rythme des saisons, nous attendons l’ouverture des fleurs. Cela rend ce métier à la fois merveilleux et atypique (rires). De plus, nous faisons tout à la main, pot par pot, tout est artisanal et nous n’avons pas d’employés. Nous sommes deux pour une exploitation de 400 ruches et avec les enfants, c’est tout une organisation ! (rires). Nous n’arrêtons jamais, mais on aime ce que l’on fait, ce n’est que du bonheur. 

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce qu’est du miel bio ?

Le principe fondamental du miel bio, c’est l’emplacement. Nous sélectionnons des terrains sur un périmètre de 3 Km pour y placer nos ruches. De cette façon, nous leur offrons un environnement sain et non pollué, et nous leur apportons de l’eau pour éviter qu’elles aient à se déplacer trop loin.

Ensuite, étant donné que nous sommes des producteurs bio, nous ne pouvons pas chauffer le miel et pour éviter qu’il ne cristallise dans le fut, nous devons le mettre en pot rapidement. C’est le cas pour le miel de lavande et de garrigues. Il faut aller vite, le miel n’attend pas.

Aussi, toutes les abeilles sont attaquées par un acarien, le varroa ravageur, comparable aux tiques chez les chiens. Nous les traitons donc à l’aide d’huiles essentielles et non avec des molécules chimiques. 

Et pour finir, les abeilles hibernent en hiver, elles ne sortent pas des ruches et pour que la colonie puisse s’alimenter tout au long de cette période, nous leur laissons suffisamment de leur propre miel, entre 15 à 20 Kg.

B : Pouvez-vous nous parler de votre projet en partenariat avec Bio&Co et La Cagnotte des Champs ?

Avec Guillaume, nous distribuons quelques-uns de nos miels à deux magasins Bio&Co. Un jour, l’enseigne a parlé de notre miellerie à La Cagnotte des Champs, une association qui récolte des dons destinés aux producteurs qui s’engagent pour une agriculture respectueuse de l’environnement, des animaux et de l’homme. La Cagnotte des Champs nous a ensuite invités à leur déposer un dossier afin de présenter notre exploitation et l’un de nos projets, à savoir acheter 100 ruches supplémentaires. 

Ces ruches sont nécessaires car d’année en année, la quantité de miel récoltée diminue et pour pallier ce manque, nous sommes obligés d’augmenter notre cheptel. D’ailleurs, cette année, à cause du manque de pluie et de la canicule, la récolte n’a pas été exceptionnelle. Pour multiplier le nombre de nos abeilles, nous divisons en deux la population d’une ruche. Notre cheptel s’est aujourd’hui agrandi et nous devons nous équiper avec davantage de ruches pour pouvoir toutes les accueillir. 

Nous sommes reconnaissants de cette main tendue. Nous avons toujours tout fait seuls, sans l’aide de personne, il est vrai qu’avec les changements climatiques, nous devons adapter notre exploitation et cela représente un coût non négligeable. Nous continuerons, quoi qu’il arrive, à récolter le miel que nous offrent nos abeilles, dans le plus grand respect de la nature et de l’agriculture biologique. En effet, pour nous, le bio, c’est bien plus qu’un engagement, c’est un style de vie au quotidien. 

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